Construction : vers les 300 000 logements mais une filière toujours sous tension
Dans sa note de septembre 2026 sur la conjoncture de la filière construction, le réseau des CERC souligne la poursuite du redressement des mises en chantier de logements, dont le volume annuel se rapproche désormais des 300 000 unités. Cette dynamique ne suffit toutefois pas à compenser le recul des autorisations, la dégradation persistante des travaux publics, le repli de l’entretien-rénovation et la contraction de l’emploi dans la filière.
Dans sa note n°145 (10 septembre 2026) sur la conjoncture de la filière construction, le réseau des CERC analyse, comme chaque mois, les évolutions de l’activité et de l’emploi au cours des trois derniers mois et sur un an, globalement et par région.
Le logement neuf poursuit son redressement
Le marché du logement neuf confirme sa reprise côté production. À fin juillet, les mises en chantier progressent de 24,4 % sur trois mois et de 18,7 % sur douze mois. Près de 300 000 logements ont ainsi été commencés entre août 2025 et juillet 2026, tirés notamment par le dynamisme de la maison individuelle.
Cette embellie reste néanmoins fragile. Les autorisations de logements reculent de 8 % sur les trois derniers mois, signe que l’amélioration actuelle pourrait manquer de relais dans les prochains trimestres. La commercialisation demeure également atone : les réservations de logements neufs auprès des particuliers diminuent de 2,2 % au deuxième trimestre tandis que les mises en vente reculent de 6,5 %. Les réservations en bloc des investisseurs institutionnels poursuivent également leur repli.
Les signaux se dégradent dans les travaux publics
La situation demeure particulièrement préoccupante dans les travaux publics. L’activité se contracte de 8,5 % sur trois mois à fin juillet, tandis que les marchés conclus enregistrent une chute de 33,8 % sur la même période. En cumul annuel, les prises de commandes abandonnent près de 20 % de leur montant.
Cette faiblesse se reflète dans les anticipations des entreprises. Au deuxième trimestre, les professionnels font état de carnets de commandes dégradés par rapport à leur moyenne historique, un constat partagé par l’ensemble des régions. Les heures travaillées poursuivent également leur recul, confirmant l’essoufflement de l’activité du secteur.
L’entretien-rénovation et les matériaux restent orientés à la baisse
Après un premier trimestre déjà difficile, l’activité d’entretien-rénovation accentue son recul au deuxième trimestre avec une baisse de 3,3 % en volume. Les travaux sur les logements comme sur les locaux non résidentiels évoluent négativement, même si les carnets de commandes se stabilisent à un niveau légèrement supérieur au trimestre précédent avec 13,9 semaines d’activité.
Du côté de l’industrie des matériaux, la tendance reste également défavorable. La production de béton prêt à l’emploi recule de 5 % au deuxième trimestre et de 2,9 % sur douze mois. Les granulats affichent une situation un peu moins dégradée avec une quasi-stabilité sur trois mois (-0,4 %), mais demeurent en baisse de 2,2 % sur un an.
Emploi en recul, créations d’entreprises contrastées
La construction emploie 1,585 million de salariés à la fin du premier trimestre 2026, soit une baisse de 1,3 % sur un an. L’intérim poursuit également sa contraction avec un recul de 4,9 % au deuxième trimestre, illustrant les ajustements en cours dans les effectifs de la filière.
Sur le front entrepreneurial, les tendances demeurent contrastées. Les créations d’entreprises classiques reculent, tandis que les micro-entreprises continuent de progresser à un rythme soutenu. Les défaillances, quant à elles, se replient légèrement en cumul annuel, offrant un rare indicateur d’amélioration dans un contexte globalement marqué par la prudence.
Le réseau des Cellules économiques régionales de la construction (CERC)
Les observatoires régionaux de la filière Construction (CERC) produisent de l’aide à la décision pour un partenariat large d’acteurs locaux : actualité, analyse, suivi des marchés, prospective, veille économique, mesure de l’impact des politiques publiques. À ce titre, ils analysent la conjoncture économique de la branche aux niveaux régional et national.
Le Réseau CIBTP produit chaque année des indicateurs destinés à être publiés ou à servir des analyses statistiques. Ainsi, les analyses du réseau des CERC s’appuient notamment sur de nombreuses données fournies par le réseau CIBTP parmi lesquelles des données relatives aux entreprises adhérentes, aux salariés mais aussi aux entrées et sorties de la branche.